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Marque Bretagne

Goémonier à Plouguerneau

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Expérience publiée le 1 février 2021 dans Savourer la Bretagne

Rencontre avec Jonathan Pochard, goémonier à Plouguerneau

Avec ses nombreux débouchés pharmaceutiques, agricoles, alimentaires et cosmétiques, l’algue est devenue l’or noir des fonds sous-marins bretons. Au premier maillon de la chaîne d’exploitation, il y a le goémonier, un métier à mi-chemin entre l’agriculteur et le pêcheur. Le goémonier moissonne… des champs d’algues… en bateau ! Rencontre avec Jonathan Pochard, goémonier à Plouguerneau, un métier exercé de père en fils !

  • Le phare de l'île Vierge à Plouguerneau
  • Algues à Plouguerneau

Quel est le quotidien d’un goémonier ?

Jonathan Pochard : On se lève aux aurores pour être sur les zones de pêche à 5h30, heure à laquelle on a le droit de commencer à travailler. En fonction de la météo et de l’abondance des champs d’algues, on met plus ou moins de temps à remplir nos navires avant de rentrer au port le plus proche. On a droit à un seul tour par jour. On procède au débarquement nous-même puis on emmène les algues à Lannilis où on livre Algaïa. Cette usine transforme les algues en gélifiants et en épaississants qui serviront pour tout ce qui est cosmétique, pharmaceutique et alimentaire. On travaille également pour Agrimer, une entreprise située à Plouguerneau qui travaille les algues biologiques. On les pêche puis on les emmène du côté de Lampaul où une équipe sèche le goémon sur la dune.

  • Jonathan Pochard aux côtés de son bateau
  • Plouguerneau

Quels types d’algues récoltez-vous ? Pour quelle quantité ?

J.P.: En été, on pêche la laminaria digitatade mai à fin août. On la trouve sur des fonds rocheux entre le 0 des cartes et 7 mètres de profondeur. Le reste de l’année on pêche les hyperboreas entre 5 et 20 mètres. On récolte environ trente tonnes par jour. Mon père peut aller à 80 tonnes sur son bateau ! Ça varie selon la météo car on privilégie la sécurité.

Quelles sont vos zones de pêche ?

J.P.: Notre zone d’exploitation est principalement autour des archipels de Molène et d’Ouessant. C’est le plus grand gisement d’algues d’Europe. Sinon, nous exploitons aussi d’autres champs d’algues endémiques longeant la bande côtière du sud Finistère.

 

  • Plage de Plouguerneau

La ressource est-elle inépuisable ? Comment la préserver ?

J.P.: La ressource n’est pas inépuisable. On essaye de respecter le cycle de croissance de l’algue. Des jachères sont mises en place, on fait des rotations. On travaille beaucoup avec Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) qui étudie les fonds et l’évolution de la pêche sur le secteur. Ils établissent les quantités à exploiter par secteur. Quand un des secteurs est arrivé à son terme, les Affaires Maritimes le ferment pour éviter de mettre le champ à nu. En fait, il y a toujours plus de demande mais on est limité pour respecter la ressource. Goémonier est un métier d’avenir si on gère bien les ressources !

 

@loursenplus.fr

 

Par
Emma

Amoureuse de la nature, de l’horizon et des senteurs du bord de mer, chaque escapade bretonne comble un besoin fondamental : celui de me ré-ancrer à la terre et de me connecter à l’énergie revigorante du « Breizh Way of Life ». Le littoral breton est ma thérapie bien-être !

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